Et si Montcalm avait gagné sur les plaines d’Abraham ?

Le tournant du 13 septembre 1759
Et si les troupes françaises avaient remporté la bataille des Plaines d’Abraham? Cette question ouvre une autre histoire possible de la Nouvelle-France et du continent nord-américain.
Dans les faits, les soldats britanniques commandés par James Wolfe débarquent à l’Anse-au-Foulon, gravissent les hauteurs et prennent position à l’ouest de Québec. Montcalm engage le combat avant l’arrivée des renforts de Bougainville.
La bataille est brève, mais décisive. Wolfe meurt le 13 septembre; Montcalm succombe à ses blessures le lendemain. Québec capitule quelques jours plus tard; Montréal se rend en 1760. Le traité de Paris de 1763 confirme ensuite la cession du Canada à la Grande-Bretagne.
Et si Montcalm avait attendu?
Changeons une seule décision : au lieu d’attaquer rapidement les lignes britanniques, Montcalm retarde l’assaut et tente de coordonner ses forces avec celles de Bougainville.
Imaginons que cette manœuvre permette de repousser Wolfe et de préserver Québec. Il ne s’agirait pas automatiquement de la victoire définitive de la France, mais d’un bouleversement majeur dans une guerre qui se livre aussi sur les mers, en Europe et ailleurs dans le monde.
1. Un Saint-Laurent encore disputé
Si Québec résiste, la France conserve pour un temps un point stratégique sur le Saint-Laurent. Le commerce et les communications entre Montréal, les postes de l’intérieur et l’Atlantique pourraient suivre un autre cours.
Mais une victoire terrestre ne suffirait pas à restaurer la puissance navale française ni à reprendre automatiquement Louisbourg, tombée aux mains des Britanniques en 1758. Le ravitaillement, les renforts et les négociations de paix resteraient décisifs.
2. Des Treize Colonies au destin incertain
Une Nouvelle-France demeurée française aurait pu modifier l’équilibre politique des Treize Colonies. Les choix fiscaux et militaires de Londres, de même que les relations entre les colonies britanniques et la couronne, auraient peut-être évolué autrement.
Cependant, la Révolution américaine ne découle pas d’une seule cause : affirmer qu’elle n’aurait jamais eu lieu serait aller beaucoup trop loin. L’histoire alternative permet ici de poser une question, pas de prédire une certitude.
3. Une Amérique francophone — sous quelles conditions?
On peut imaginer un espace où le français demeure influent, de la vallée du Saint-Laurent aux Grands Lacs, avec de nouvelles formes d’organisation politique. Le destin de lieux comme Détroit, Fort Frontenac et la vallée du Mississippi aurait pu être différent.
Les peuples autochtones ne seraient pourtant pas de simples alliés de passage. Les nations wendat, abénaquises et de nombreuses autres possédaient leurs propres territoires, intérêts diplomatiques et objectifs. Toute configuration durable aurait dépendu de leurs décisions et de leurs rapports avec les puissances coloniales.
La faiblesse démographique relative de la Nouvelle-France, ses difficultés d’approvisionnement et les transformations de la monarchie française auraient continué de poser des défis.
Et Châteauguay dans cette autre histoire?
Peut-être Châteauguay aurait-elle grandi au sein d’un ensemble politique francophone plus vaste. Peut-être la région aurait-elle suivi une trajectoire très différente. On ne peut toutefois déterminer la langue parlée aujourd’hui à Plattsburgh ni la forme qu’aurait prise un éventuel État nord-américain.
C’est toute la richesse de l’uchronie : partir d’un moment historique réel pour réfléchir aux chemins que l’histoire aurait pu emprunter, sans confondre imagination et certitude.
Et vous, comment imaginez-vous la Nouvelle-France si Québec avait résisté en 1759?
Sources pour le contexte historique
Dictionnaire biographique du Canada — Louis-Joseph de Montcalm
Dictionnaire biographique du Canada — James Wolfe
National Defense University Press — Analyse militaire de la campagne de Québec
Un Dagenais aurait-il combattu aux Plaines d’Abraham ?
En septembre 1759, des miliciens canadiens, notamment issus des régions de Québec, de Montréal et de Trois-Rivières, participent à la défense de Québec. Un descendant de la famille Dagenais aurait-il pu se trouver parmi eux ? Cette possibilité demeure une hypothèse : aucune preuve nominative de la présence d’un Dagenais à la bataille du 13 septembre 1759 n’a été établie dans les sources consultées.
Les listes de miliciens de cette époque sont incomplètes, ce qui rend les identifications difficiles. Pour poursuivre cette piste généalogique, consultez la base de données des soldats de 1759–1760 de la Commission des champs de bataille nationaux. Une éventuelle correspondance devra être vérifiée au moyen des actes familiaux et des documents militaires, sans confondre la présence au siège de Québec et la participation à la bataille elle-même.
À découvrir sur notre site
Pour replacer cette hypothèse dans son époque, découvrez les événements marquants en Nouvelle-France et parcourez notre rubrique Histoire.

